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Une journée en Camargue


Des Saintes-Maries de la Mer à la cité médiévale d’Aigues-Mortes nous traverserons une des plus belles réserves naturelles du sud de la France.

Aigues-Mortes




Elle doit son nom, aux marais qui entourent Aigues-Mortes (les eaux mortes).L'histoire d'Aigues-Mortes est liée au règne de Louis IX.En 1240, le Roi obtient des moines de l'Abbaye de Psalmody, la ville et les terres côtières alentours.Il bénéficie des revenus non négligeables que représente la "gabelle", impôt sur la production du sel et s'intéresse à la position géographique de cette bourgade qu'est alors Aigues-Mortes.La ville se développe et le port est construit en vue de l'embarquement pour la croisade.Saint-Louis, dès 142l, fait construire des remparts. Les travaux débutent par l'édification de la Tour de Constance.Le Roi meurt de la peste à Tunis et c'est sous le règne de son petit fils, Philippe le Bel que sont achevés les travaux.L'originalité de l'enceinte d'Aigues-Mortes réside en sa grande simplicité et sa parfaite homogénéité architecturale.

Les Saintes Maries de la Mer




Les Saintes Maries de la Mer, ville blanche à l'extrème sud de la Camargue, elle est célèbre pour son pélerinage des gitans au Printemps.

"Villo de la Mar" au temps du moyen âge. C'est certainement sur l'emplacement d' un oppidum romain que les Saintes Maries Jacobé, Salomé, Marthe, Marie Madeleine accompagnées de Maximin Lazare, Sidoine et de leur brune servante Sara., accostent, selon la légende, sur la terre sauvage de Camargue.
Marie Madeleine se retire à la Sainte Baume pour prier et expier ses fautes. Lazare, Maximin et Sidoine vont prêcher à Aix et Marseille où ils deviennent les premiers évêques.
Marthe se dirige vers Tarascon où d' après la légende, elle terrasse la fameuse Tarasque.
Seules restent sur place, Marie Salomé, Marie Jacobé et Sara. L' endroit où elles sont ensevelies devient un important lieu de culte et de pélerinage chrétien ainsi qu' une halte sur le chemin de St Jacques de Compostelle.
Au début du Xllè siècle, I' église est édifiée vraisemblablement sur les ruines d' un oratoire. Plus tard, elle sera fortifiée afin de permettre au habitants de trouver protection contre l'ennemi. Un puits est creusé en son sein pour le ravitaillement en eau des assiégés.
Vaste vaisseau de pierres rosées, I' église des Saintes Maries de la Mer, modèle de l'art roman, se dresse fièrement et sobrement au dessus de la petite cité.
A l'intérieur, on peut admirer dans leur frêle esquif, les deux Saintes Maries. Sara, placée dans la crypte, reçoit chaque année l'hommage des pèlerins et plus particulièrement celui des tsiganes.

La Camargue

L'élévage

Les tauraux

Redoutables meurtriers lorsqu'ils sont dans l'arène, les taureaux cohabitent parfaitement bien avec les chevaux blancs qui partagent leurs pâturages.
Le taureau de Camargue (Lou Biou en provençal) de race pure est petit, un mètre trente, trapu. Sa peau noire, son allure digne en font un seigneur que tout le monde respecte.
Ce robuste animal, dès le XVè siècle participe aux travaux des champs. Au XlXè siècle, l'engouement pour les corridas est à l'origine des premiers croisements avec les taureaux de sang espagnol. Ces derniers, plus combatifs, apportèrent dit- on, ce qu'il manquait au pur camarguais pour affronter les toreros.
Mais Ies défenseurs de la pure race destinent les produits de leurs élevages à la course à la cocarde, qui devint et reste de nos jours très populaire. Les razeteurs, tout de blanc vêtus, doivent arracher à l'aide d'un "razet" (crochet) la cocarde maintenue sur le front de l'animal par une ficelle passée autour de ses cornes. Certes le jeu est dangereux, mais la passion du public et des participants produit dans l'arène ces jours là une ambiance extraordinaire.
La fête est aussi dans la rue, parmi la toule avec "l'abrivado" et la "bandido", lorsque les gardians encerclant le taureau, I'accompagnent de la manade à l'arène et le ramènent de la même façon en traversant la ville une fois la fête finie.
La ferrade, autre manitestation, cette fois plus amicale, se déroule traditionnellement le dimanche matin.
Les gardians munis du trident (ficheiroun) avec beaucoup d'habileté, rabattent un jeune taureau âgé d'un an, I'immobilisent au sol et le marquent sur la cuisse gauche au fer rouge (indolore pour l'animal) de l'emblème de leur manadier. Ce dernier pratique alors "I'escoussure", en entaillant de façon très particulière l'oreille de l'animal, autre signe de reconnaissance.




Les chevaux

A toutes ces fêtes participe aussi le cheval de Camargue.
Il est le compagnon du gardian et l'indispensable moyen de locomotion au travers de ces terres marécageuses.
Ses origines sont si lointaines que nul ne peut les affirmer avec certitude. Cependant, le cheval de Solutré du quaternaire, dont les caractéristiques ont été établies à la suite de la découverte d'ossements, semble être son ancêtre.
L'animal est si bien adapté au milieu qu'ils sont indissociables.
Le cheval camarguais n'est pas très grand, 1 m 35 à 1 m 45, sa tête est grosse et son front plat, le ventre enflé, les membres robustes aux appuis larges, il possède les éléments nécessaires à une grande résistance.




La Flore

Des vastes forêts qui couvraient la Camargue, il ne reste que quelques bocages. Les lieux dits "Bois Verdun", "Sylvéréal" laissent imaginer l'ancienne physionomie du delta. Les besoins de l'homme sont la principale cause de leur disparition.
De nos jours, les peupliers blancs, les tamaris, le genévrier et quelques chênes ne constituent pas une végétation typique de la Camargue
Ce qui frappe le visiteur, ce sont ces vastes étendues marécageuses "les sansouires", terres gorgées d'eau et de sel où poussent les salicornes, brunâtres à l'automne, prenant une teinte rousse pendant toute la période hivernale.
Par endroits, le sol est tapissée de saladelles, d'un bleu tendre, elles fleurissent de l'été à l'automne .
Dans les terres moins incultes poussent les iris, les genêts, les myosotis, les asphodèles colorant la magnifique Camargue au printemps.
Les berges des marais et des canaux sont plantées de roseaux: la sagne (sagno) dont les gardians couvrent leurs cabanes.
Parcourant ces paysages sauvages, des troupeaux de taureaux et de chevaux aux allures élégantes font aussi partie du site.



La faune

Le flamant rose






Le plus recherché par les visiteurs, celui qui reste le symbole de la Camargue, est bel et bien le flamant rose. Les pieds palmés, immergés dans une petite quantité d'eau saumâtre de nos grands étangs, il fouille dans la boue et filtre dans la vase, à l'aide de son gros bec courbé, les animalcules dont il se nourrit.
Les flamants vivent en groupe de plusieurs milliers d'individus.
Les couples se forment et au mois d'avril naissent en Camargue quelques 20 000 poussins blancs constituant la nouvelle génération.. Ce n'est qu'à 1'âge de quatre ou cinq ans que le flamant possède ce plumage rose éclatant qui fait sa réputation.
Ils semblent presque immobiles sur leurs pattes graciles, pourtant le moindre bruit provoque leur envol en un majestueux déploiement de couleurs et de cris.
A la fin de l'été, certains d'entre eux émigrent de l'autre côté de la Méditerranée, vers des contrées à 1'hiver plus clément, d'autres restent en Camargue prenant ainsi le risque d'affronter parfois un hiver exceptionnellement rigoureux.
Les oiseaux de Camargue

Le delta du Rhône est un des plus grands centres migratoires d'Europe, c'est là que quelques 350 espèces d'oiseaux répertoriées viennent nicher et se reproduire.
Certains de passage, d'autres ayant élu domicile dans les roselières, les champs, les marais. Un très grand nombre d'espèces vivent en captivité ou en semi liberté au Parc ornithologique de Pont de Gau, route d'Arles, ouvert tous les jours au public.
De cette multitude d'oiseaux, nous ne retiendrons que quelques catégories d'espèces les plus connues .
Les rapaces, chassés depuis toujours, ici comme ailleurs, sont reconnus très utiles et protégés depuis 1976.
Parmi eux, le busard des roseaux est l'espèce la plus représentée, quelques 80 couples ont pu être dénombrés.
On trouve également le milan noir, l'épervier, la buse, qu'il n'est pas rare de voir survolant les marais. Le premier se nourrit de grenouilles et oisillons, la buse de mulots tout comme l'épervier qu'il est d'ailleurs plus difficile d'apercevoir.
Le plus majestueux d'entre eux, l'aigle vient durant l'hiver honorer de sa présence le ciel de Camargue.
Quelques spécimens de rapaces peuplent aussi ce pays la nuit: il s'agit bien sur des chouettes et hiboux dangereusement menacés par le plus grand des prédateurs, l'homme.
Les passereaux sont plus petits et plus nombreux. Une centaine d'espèces séjourne en Camargue.
C'est une population qui peut se chiffrer par millions parmi lesquels une minorité se reproduit dans le delta, le rossignol, la bergeronnette, la mésange...
Pour le reste, ils sont migrants d'origine d'Afrique tropicale, comme l'hirondelle. le guêpier, le rouge-queue ou hivernant, comme le rouge-gorge.
Huppes, pies, choucas, merles, grives, rolliers sont autant d'espèces faisant partie de cette grande famille d'oiseaux chanteurs qui charment la Camargue.
La spécificité de ce milieu humide, mélange d'eau douce et d'eau salée, explique la présence en grand nombre de palmipèdes.
Les oiseaux marins que sont les goélands argentés, la mouette rieuse et les sternes ont choisi les grands étangs du sud de la Camargue, les plus proches de la mer, pour nicher et se reproduire.
C'est sur les étangs de l'intérieur que l'on peut rencontrer une quantité impressionnante des différentes espèces de canards qui hivernent en France.
Nous ne citerons que quelques une des espèces que vous pourrez apercevoir:
Le colvert, la sarcelle, le siffleur, le milouinan, le souchet.
La chasse du gibier d'eau fait partie de la vie camarguaise et le canard sauvage reste un élément important de la gastronomie locale.



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